Saison 2025. Résultats.
Sortie en Touraine avec la SGAM
18-20 avril 2025
Pendant 3-4 jours, on a fouillé dans les faluns de Touraine avec la SGAM. Les faluns sont des roches caractéristiques des bassins épicontinentaux peu profonds composées essentiellement de débris coquillers. Les faluns de Touraine se sont déposés dans un bassin qui a été inondé plusieurs fois entre l’Éocène et le Pliocène (les faluns dans lesquels on a prospecté, nous, ont été déposés durant le Miocène moyen). Ils sont surtout connus des amateurs de dents de requins.

Channay
Une fois arrivés, on est tout de suite allé à la carrière-musée de Channay-sur-Lathan. On a trouvé plein de petits fossiles d’invertébrés bien préservés, mais pour les dents de requins, j’étais le seul a en avoir trouvé ; c’était 2 ou 3 petites dents cassées. Puis on se déplace dans une autre carrière, et là on trouve pas mal de dents de requins, mais le soir approche et on a pas beaucoup de temps pour chercher. Je n’ai rien trouvé de très intéressant ce jour ci.


Le deuxième jour, on a exploré une troisième carrière. J’ai trouvé un oursin (différent des scutelles abondantes dans les faluns) et beaucoup de restes de Vertébrés. L’essentiel de mes trouvailles ont été faites sur un remblais qui avait été lavé et déposé par une machine. Il y avait beaucoup de fossiles de Vertébrés à la surface, et je n’était pas le premier à visiter le talus : il y avait des traces de pas d’autres chercheurs. Certains membres du groupe ne trouvent pas de dents ; verdict : on n’est pas dans la bonne carrière. Retour à celle d’avant. La-bas, je tente de trouver un horizon de concentration qui contiendrait beaucoup de dents de requins (on en trouve un peu dans toutes les couches de la carrière, mais leur concentration est faible par rapport à certains talus). Et je trouve un horizon de condensation déposé sur une surface discontinue, teintée d’oxydes de fer et contenant des concrétions de phosphorite : typique des horizons à dents. C’est à ce moment que les fouilles se terminent ce jour là.


Le dernier jour de fouilles, on commence par chercher des calcédoines dans une carrière de calcaire. Une partie du groupe y reste l’après-midi. Moi, je reviens avec quelques autres participants aux dents de requins : j’espère continuer l’exploitation de l’horizon de condensation que j’ai découvert. Mais les fouilles n’ont pas livrées beaucoup de dents, les seules trouvailles étant une demi-dent d’Aetobatus (dent de raie, un assez gros spécimen) et quelques dents plus petites. Bon je me suis pas trop acharné dessus, car on avait pas énormément de temps, et on a fouillé dans un talus qui contenait une quantité phénoménale de dents. Ce talus a visiblement été lavé par la pluie, qui a emporté le sable et laissé les dents. D’autres membres nous rejoignent, tout le monde fait de superbes trouvailles !


Calcédoines



Conférence paléontologique à Mangiennes
18 mai 2025
La conférence était l’une des nombreuses du festival «Versions Mangiennes» (Mangiennes est une petite ville en France, dans le département de la Meuse). Contrairement à l’année passée, ce n’était pas mon initiative ; l’organisatrice de l’événement m’a invité pour faire une conférence sur la paléontologie.
J’ai préparé un texte et une présentation à projeter avec des photos et quelques explications. J’ai aussi emporté quelques fossiles de ma collection, histoire d’avoir quelques vrais fossiles à montrer. J’ai eu un peu de mal avec le texte : au début, je voulais faire quelque chose de trop compliqué. Je me suis rendu compte que cela rendrait ma présentation trop éloignée et abstraite, et pas grand monde ne risquait d’être intéressé, mais que faire : le plan et une partie du texte étaient déjà prêts. J’ai tenté d’améliorer certaines choses tout en gardant la même structure, mais j’ai vite compris que c’était impossible. Finalement, j’ai complètement changé de structure (en m’inspirant largement de celle de l’année passée) et réécrit tout le texte une semaine avant la date de ma conférence.
J’ai profité de l’occasion de chercher des fossiles dans les environs de Mangiennes. Il se trouve qu’un des participants était aussi un amateur de recherche de fossiles ; on a organisé une petite prospection un matin. Au début, il semblait qu’il n’y avait aucune chance de trouver des fossiles dans cet endroit. Mais, en scrutant un tas de terre sur le bord de route, je vois un minuscule lambeau d’argiles oranges qui n’a l’air de rien d’autre que d’une roche sédimentaire potentiellement fossilifère. Je commence a la gratter avec le marteau de géologue que j’emporte toujours avec moi. L’instinct ne m’a pas trompé : je trouve quelques petits fossiles. Puis, je tombe sur une pièce assez exceptionnelle : un morceau de carapace fossilisée d’un crustacé. On continue nôtre chemin, et on arrive sur des tas du même argiles, mais beaucoup plus grands. On ne sait pas d’où ils viennent, probablement d’une carrière ou d’un chantier local. C’est là que je passerai tout l’après-midi. J’arrive à situer ces argiles dans le Jurassique moyen.



La conférence avait de nouveau comme sujet la paléontologie et les fossiles en général. Elle s’est passée un peu moins bien que j’avais prévu : il me restait peu de temps de préparation à cause des changements dernière minute. J’avais aussi demandé un projecteur, mais tout ce qu’on a trouvé sur place était un grand écran d’ordi. J’ai improvisé une petite exposition avec des fossiles de ma collection, et j’ai naturellement ajouté ceux que je venais de trouver.
Saisie de fiches au Musée Géologique de Lausanne
Mon travail au MGL consistait à transférer des informations sur des fossiles conservés au musée depuis des fiches manuscrites vers un catalogue numérique. J’ai entré environs 400 spécimens, principalement des fossiles du canton de Vaud.
Début juin, j’ai pu visiter les fonds du MGL à l’UNIL avec Antoine Pictet (conservateur du musée).
Camps minéralogique en Forêt Noire (Allemagne) avec la SVM
Pendant le camps d’été de cette année, on a visité une mine avec fluorite + barytine et les haldes de Wittichen et Grube Clara. Pour moi, le lieu le plus intéressant était Wittichen, les talus de mines abandonnées qui contiennent, entre autre, des minéraux uranifères. Grube Clara est très touristique, mais on y trouve vraiment une diversité de microminéraux impressionnante. J’espère pouvoir faire des photos de mes trouvailles, car bientôt j’aurais du nouveau matériel (les cristaux sont touts petits et nécessitent des objectifs à fort grossissement). Les minéraux uranifères devraient donner de beaux résultats en ultra macro avec fluorescence UV.

Microminéral avec une croûte d’argent natif. Petite Halde (Grube Clara). Largeur de l’image : env. 3mm.
Entretien des microscopes de la SGAM et exposition à venir
Cette année, je me suis beaucoup intéressé aux microfossiles, qu’on peut trouver dans un grand nombre de roches mais seulement avec un microscope, car ils mesurent entre 0,1 et 2 mm (d’ailleurs j’ai, depuis le début de l’année, un microscope puissant qui a rendu la recherche plus efficace). Au printemps, j’ai proposé à la SGAM d’organiser une exposition de microfossiles au local. Le local de la SGAM m’a semblé un bon endroit pour cet événement, car il y avait 4 loupes binoculaires ; parfait pour observer les microfossiles. Seulement, à ce moment là, l’observation avec ces outils était peu pratique, non pas à cause de leur qualité qui était au top pour les 4 modèles, mais parce qu’il fallait faire quelques réparations et un entretien des mécanismes, sans parler du nettoyage, sans lequel l’image était légèrement trouble. J’ai déjà eu le temps de restaurer deux loupes binoculaires. J’espère pouvoir annoncer la date de l’exposition dans quelques mois, et je vais continuer à la préparer en 2026.